| Shamane's profileEspace perso du sac à co...PhotosBlogNetwork | Help |
|
|
Espace perso du sac à conneriesUn brin de folie féminine dans votre vie! February 22 Les tribulations de Jos (fauwoir) Lemoyne - Chapit' 6 : Le festin de Bobettes
Les tribulations de Jos (Fauwoir) Lemoyne
Le festin de Bobettes
Bon ben là, faut le dire, j’ai quasiment tout vidé le stock de papier-cul de petit magasin général de Ste-Prostate. M’a dewoir me contenté de c’te rouleau-là pour finir d’écrire mon woyage en France. Autrement, y vont faire comment les français? (1) (2)
Nos amis Jules et Marinette ont décidé de nous faire une petite fête avant qu’on parte : ils ont donc invités tous le village à venir nous rencontrer et réveillonner ahek nous autres. (Je dis réveillonner car Pépère était déjà couché : c’est lui qui doit réveiller le coq!).
Ils avaient mis la table dehors, dans le clos à Bardot et Charonne, en prenant soin d’enfermer Libéraché dans la grange. Les cochons, eux, y sont resté dans la saoul comme d’habitude.
Marinette s’est faite aidé par Germaine pour cuisiner le festin. À leu-deux, elles ont réinventé la cuisine française. Il parait qu’elles appellent ça « La nouvelle cuisine » (3). Tu woé-tu ça d’icitte, hein? Des oreilles de crisse au foi gras, un creton maison à la terrine de Cognac, la coleslaw au vinaigre de vin de cassis, les biscuits Ritz au Camembert, les tites tiges de céleri farcies au fromage bleu, les olives ahek des p’tits drapeaux de la France, du Québec pis du Canadéa (4), des boutes de saucisses italiennes garnis de lard salé (y connaissent pas le bacon en France). Là je dois prendre mon respire, pis une gorgé de p’tit rouge, parce qu’y en a long au menu! C’est pas fini! Embarques, on ira pas vite! Non mais tu sais comment y sont les français! Un morceau de fromage, un verre de vin. Un morceau de fromage, deux verres de vin. Un morceau de fromage … calvinse, chu déjà saoul! Germaine a voulu montrer quelques unes de nos recettes traditionnelles à Marinette, mais les ingrédients sont assez dur à trouver icite : tu fais quoi quand t’as pas de sirop d’érable ni de relent de castor? Le trouble, ça été de leur expliquer le fromage en crotte. Quand Jules eu compris (hé, c’est pas si mal, mon français s’améliore! Un peu plus pis je vais parler comme un trou-du-cul!), il est allé dans l’enclos des chèvres pis il est revenu ahek une chaudière pleine. Là, ils ont fait blanchir le tout dans du p’tit lait de chèvre et ils l’ont mis dans l’assiette à fromage. Ça avait ben d’l’air vrai, mais j’ai pas pris de chance d’y goûter (5). Faut dire que juste à coté, Marinette a mis un crottin : je sais pas de qui il est, mais il avait tout l’odeur en tout cas! Quand elle a sortis l’assiette, a fallu attacher Charonne pour pas qu’a se jette dessus! Ah, la vache! En fait, tout ce qui manquait dedans, c’est le Cheez Wiz! Pour la gang de végé-à-rien qui avait promis de venir, on a fait des cigares au chou de Bruxelles nappé d’une sauce piquante Castro (je pense que Germaine a échappé la bouteille de Tabarnakos dedans!) (6). J’te mens pas, ça fumait! Pour les autres, le menu était pas mal élaboré : on commençait par des chefs-d’œuvre (7), suivit des biscuits garnis de plein de cossins, des crudités à Germaine (parce qu’en France ils parlent cru juste quand y sont trop saoul), de la soupe aux pieds de cochon façon Porcherie, de la salade de coleslaw comme j’ai dis avant (au vin de cassis). Là, fallait s’arrêter un peu pour ce qu’ils appellent le premier trou à Normand : celui-là, on buvait du Calvaire d’Os. Un truc Breton, quoi! On m’a dis que ça servait à faire de la place pour le reste. Chez nous, on appelle ça la première période, comme au hockey. Puis viens le repas principal. Comme y sont pas fort sur le bœuf icite (ils veulent garder Libéraché le plus longtemps possible, bien qu’un gay ça se garde bien en vie), alors on a eu droit à toute la panoplie de poissons qui vie dans l’Urètre. Barbotte en sauce boueuse, achigan français à grande gueule (comme eux autres), perchaude en mené, bouillabaisse des restants, anguille sous roche, cuisse de garnouilles, vieux crapaud boutonneux, étrons farcis (là chu pas sûr que ça vit), et je t’en passe des mûres et des pas vertes! Après ça, re-trou à Normand. Là, je leu ai montré mon sawoir-faire. Je leu ai concocté une shot de Sortilège. J’ai mis du vieux whisky à Pépère dans une cruche pis je l’ai arrosé de sirop d’érable (qu’on avait trainé ahek nous autres pour le cas-ou) . J’ai brassé le tout ahek ce que j’avais sous la main (c’t’a dire la queue de Libéraché) et j’ai servis une tite shote à tout le monde : la boucane leu sortaient pas les oreilles, sti! Yen a même un qui est allé se frotter le cul su la brosse pour les bottes à coté de la porte. Il a compris pourquoi chez-nous on appelle ça « prendre une brosse »! Là, on est passé au poulet chassé garnis de plombs de Tarascon, le bœuf à Bourguignon (bien qu’à woir comment il était dur, je suis sûr que c’était de la vache enragée), la fondue aux mets chinois (faut ben leur apprendre queque chose, hein?), l’escargot aye-aye, l’ostidchaud trempette dans la sauce ranch, les rillettes crampées en deux, les crêpes bretonne sans sirop d’érable (yen restait plus!), les nichons au lait de belle-mère. Ben là, j’ai pus faim, batinse! Les fromages, j’te l’avais dis, mais v’là qui reviennent! C’est pas pour rien qui sentent de même, y’en mangent tout le temps! Pis encore du vin, pis encore du vin, pis encore …. Deux doigts Sioux plait! Finalement, Marinette nous pousse la salade. Quoi? Y’en reste encore? Ben celle-là elle est faite de pissenlit, de foin de grange, d’herbe à puce, de nénuphar noyé, de croissant de la fontaine, de bette à Pierre Cardin, d’huile d’olive rance pressé au pied, de vinaigre de vin, de vin de vinaigre, enfin, je sais plus moi! Fines herbes et mauvaises herbes! Jules! Passes-moi le débouche-bécosse, faut que je fasse de la place!
Enfin les desserts! Oui! LES desserts. Quoi? Tu connais pas les français après ça? La tarte au pommes ça marche pas ahek eux-autres. Ça prend un peu plus que ça. V’là que la woésine s’amène ahek tout son bardas. Imagine! Croissants fourrés par la bite à Libéraché, éclairs avalés rapidement, petits fours comme il se doit (au four), papa au rhum (pourquoi y disent « baba »? Y ont la grippe ou quoi?), fondue dans le chocolat (ça j’ai pas trouvé ou que c’était), flambé au Cognac (je peut-y en awoir un autre?), ça-baille-on (8), flanc mou, tête-de-mule, les amourettes, et fatatri et fatatra… Mais le plus beau, c’était la brochette d’invités comme y disent. Ouains! Y’en a queque uns que j’aurais ben mis en broche! Est arrivé en premier le curé Saint-Vioque. Il bénissait en orbite et bibitte tout ce qui se présentait devant lui. De temps à autre, il prenait une gorgée à même son bénitier portatif, que je soupçonnais d’awoir autre chose que de l’eau bénite. Les woisins de l’autre jour ont traversé la clôture pour venir à la fête. Faut dire qu’ils me connaissaient un peu plus parce qu’à chaque soir j’ai dû me rendre chez eux pour finir ma job, la bécosse de Jules étant pas encore reconstruite. J’te conte ça après, la France est délirante quand il est question de construction. Pis voilà-t-y pas que Jules me demande d’aller retenir Libéraché : deux beaux zinzins, bras dessus, bras dessous, s’amenaient sur la route. Assez pour rendre fou Libéraché pis causer toute une commotion dans le party : Pédo et Phil qu’ils s’appelaient. En arrivant, la première chose qu’ils ont faites c’est de regarder le p’tit gars de trois ans de la woisine, en se léchant les babines. Pourquoi-cé faire qu’ils ont mouillé leurs bobettes de même? J’vois pas… Ils ont été suivi des jumelles LesBeaux : parait qu’elles ont pas de chum pis personne comprends pourquoi. Entre deux fromages, elles m’ont dis qu’elles aimaient pas leur nom pis qu’elle voulaient le faire changer pour quelque chose de plus féminin, comme LesBiennes, parait-il. Elles ont même des cousines aux Amériques qui se font appelés Bitche, c’est plus anglais. T’arrais dû voir comment les dames s’embrassaient, toé : les mains à deux pouces de se toucher, les joues fardés de make-up, pis ça se donnait des p’tits becs à six pouces de la bouche, sans se toucher. Franchement, là! Kisse ou kisse pas! Un drôle de dirlo est arrivé ahek une greluche à chaque bras. Il avait un décolleté (lui pas elles), qui laissait voir tout les poils de sa poitrine de poulet, les manches de chemise roulées pour montrer ses musseul (9), Les deux greluches étaient montées sur des talons haut, je te mens pas, hein : six pieds de jambe, douze de talon, dix pouces de taille, un monte-charge pour retenir la laiterie et pas grand-chose pour cacher le derrière. Pas de farce, tu passes en dessous ahek ton truck pis y reste encore d’la place pour le traileur! Les français, quand ça fait un party, ils trainent tous leur vin. Nous autres, pas questions de s’inviter sans trainer notre caisse de 24 O’Keefe, mais eux autres, c’est leur vin. À chacun sa sorte, itou! En faite, je pense que chaque fermette a son vignoble, là-bas. C’est pour ça qu’ils ont tous des noms à coucher dehors comme « Château Raisin-Sec » ou « Domaine des Va-nu-pieds » ou encore « Coteau d’À Coté ». Enfin, tu vois le portrait! Y font tous à peu près une centaine de centaine de bouteilles, mais au train qui les boivent, je pense pas qu’il en reste à la fin de l’année. Un autre invité s’est présenté ahek toute la révérence d’un révérend irrévérencieux : il portait une casquette multicolore remplie d’épinglettes d’animaux, une culotte britiche couleur de terre cuite, une chemise à carreau à l’allure bûcheron, des bas golfs pis les souliers qui vont avec, une bandoulière bleu-blanc-rouge décoré de la guerre de quatorze, de la légion d’honneur, de la croix de Paris, des deux guerres mondiales, de la guerre du Vietnam, de la guerre des Baux Ères (10), enfin, décoré quoi! « Voilà Tartarin! Voilà Tartarin! » Se sont écriés les français. J’ai t’y idée c’est qui suit-là? Ahek sa vieille carabine à plomb sur l’épaule, il se prenait au sérieux à part de ça. Il montrait à tout le monde une vieille peau de lapin mort de peur comme si c’était un orignal qu’il avait abattu à coup de sligneshotte alors que la saison de chasse était pas encore ouverte. Bref, y’avait l’air tarlate, le chasseur! Après le repas, Jules a sortis son accordéon pis tout le monde s’est mis à chanter. Chacun y allait de sa p’tite vite. Lorsque la femme de l’apôtre-à-Ticaire (11) s’est mise su la table, la jupe relevée et les bas ravalés, j’ai pensé « ça y est, on est mûr pour le satarippetize (12) ». Mais c’était pas ça : elle allait chanter « La veuve du général » que Tartarin allait faire ahek elle en duo. Comme duo, pas fort! Tout ce qu’il avait à dire le Tartarin c’est « Oh! La vache! » Me fallait sauver la situation, alors je leur ai entonné mon grand succès entendu au Mona Lisa dans les années soixante : « C’était une vache aux grands yeux bleus ». Je te la chante icite pour da souvenance et ta descendance : « C’était une vache aux grands yeux bleus On lui faisait des compliments Un jour un bœuf d’un aut’ village Et d’puis c’temps-là Ben là, tout le monde se sont écriés « C’est le pied! ». J’vois pas oussé que j’ai mis le pied, moé? Des boutes, y font dur en porte-ordure. Me v’là au boute du rouleau, alors faut ben que j’arrête. Pour la construction de la chède à jules, j’te raconte ça une autre fois, si je trouve encore du papier-cul. Simonaque, y’on même pas d’essuie-tout! ______________________________________________ Notes en bas de blogue (dit vite ça fait : "notesenbuttbplug"!) 1) 1) Note de Taillibert : Pourquoi crois-tu qu’on a inventé le bidet? Ça sauve le papier-cul, par Olympik! 2) 2) Note de Jean Drapeau : Ça parait bien, un gros bol de toilette, dans MA VILLE de MON réal! 3) 3) Note de Bocuse : Non, mais, sainte-Cuiller! V’là qu’on me vole mes idées maintenant! Aux armes, citoyens! Chaudrons et Moulinettes! 4) 4) Note de Jean Chrétien : Rendez à César ce qui m’appartient! Pour le reste, parlez-en à Gomery… 5) 5) Note de la chèvre : moi non plus … meeerde! 6) 6) Note de Fidel : Tabasco! No Tabarnakos icitos! Idiots! 7) 7) Note de Parmentier: hors d’œuvres, ignare! C’est moi le chef d’œuvre! 8) 8) Note du pâtissier : Sabayon. Pis on baille pas sur la bouffe! 9) 9) Note de l’entraineur : muscle! Mufle! 10) 10) Note du général Pétain : Boers, pas Beaux Ères! 11) 11) Note de Jean Coutu : apothicaire. C’est aussi mon ami… 12) 12) Note de Sharon : Strip-Tease, what the f…!
Copyright : 2007 Jos Lemoyne - dit fauwoir. February 08 Les tribulations de Jos (Fauwoir) Lemoyne - Chapit' 5 : Les Maturin-Tontaine
Les tribulations de Jos (Fauwoir) Lemoyne
Les Maturin-Tontaine
Bon ben nous v’là rendue à Ste-Prostate, plus précisément chez nos amis Jules et Marinette : les Maturin-Tontaine. Jules c’est le Maturin pis sa femme, Tontaine.
On a placé Libéraché dans son pacage, puis on est entré dans la maison. C’est pas comme chez nous tout à fait : la bâtisse date du temps de la guerre de cent ans, ça en dis long! Comme à l’église de St-Eustache, on peut y voir des traces de boulets de cannons dans les murs de pierre. Remarque que c’est une manière de boucher les trous pour l’hiver!
Comme y faisait déjà noir pis qu’y ont juste un fanal pour se guider jusqu’à l’entrée, fallait suivre à la queue-leu-leu, comme les sauvages. J’ai faite passer Germaine devant moé, pas par galanterie, mais pour être sûr que Jules essaierais pas de la fourrer. T’sé comment y sont les maudits f…?
Vu qu’on avait juste un fanal et une chandelle, on est vite allé se coucher. Surtout qu’y fallait pas réveiller Pépère qui dort au grenier ahek le coq!
Le lendemain, quand je me suis faites réveillé par le tabarnak de cocorico, j’ai regardé dehors pis j’ai compris pourquoi y nous ont faites entrer à la queue-leu-leu : le trottoir de bois passe au beau milieu de la saoul à cochon! M’arrais-tu vus piler là-dedans avant de rentrer? Simonaque!
J’t’ai dis que Pépère avait couché ahek le coq, hein! (Ok, chu un peu Alzimer par boute). Ben, en fait, c’est lui Pépère qui est chargé de réveiller le crisse d’oiseau le matin! Attends-woir à soir! M’a y glisser un des somnifères à Germaine, y vas dormir comme un zombie, l’osto d’ti vieux! Ya pas idée lui du genre de woyage qu’on a faite dans le « car » à Mo! Y’a une odeur pas trop défrichable qui me monte au nez : c’est pas de la moutarde, en tout cas, c’est même pire! J’enfile mes bas de laine pis Germaine ses bas-culotte et on se dépêche d’aller woir ce qui se passe dans la cuisine. C’est Marinette qui prépare des « rillettes » comma à dit. À l’odeur, ça m’a pas donné envie de rire! Pis dire qu’ils ont levé le nez sur notre bacon à l’érable quand on les a reçu à la maison! Attends woir, la prochaine fois y vont être reçu au relent de castor (1)!
Un boute de baguette sec, un morceau de fromage qui sent plus fort que mes bas de laine de trois jours pis un bol de café au lait de chèvre caillé, c’est ça leur petit-déjeuner! Fait chier!
Jules m’annonce tout fièrement qu’aujourd’hui il allait essayer d’accoupler Libéraché ahek une de ses vaches. Il prendra pas de chances, il en amènera deux par précaution : Bardot et Charonne (2)(3)(4).
On enfile des bottes de Gobeur pis nous v’là t’y pas dans le champ ahek le bout-ciarges de taureau. L’idée au départ, fallait y graisser la queue, que me dis Jules. Alors je prends la boite de graisse à Behring (5) pis je me mets à graisser l’animal : le poil me reste dans les mains, pis ça sent la charogne!
« Pas cette queue-là! » me dis Jules.
- « Ah, non! L’autre j’y touche pas! Surtout qu’il est guai comme un phoque, l’animal!
- Pour quoi cé faire? » Que je lui dis.
« Ben, faut être sûr qu’il n’attrapera pas d’irritation. Auparavant, c’est Marinette qui servait à le démarrer, mais depuis sa fausse couche, elle peut plus le faire. »
Jules amène les deux vaches dans le pacage : en voyant le taureau, elles se mettent en Ruth (6). Les yeux dans la graisse de bine, la queue qui bat les mouches à marde (yen a rien qu’un peu icite!), la brou qui leur sort du museau, la langue qui pends jusqu’au sabots, le pis qui change de couleur comme un néon de la Ste-Catherine : s’to boute, sti!
Libéraché, lui, y bouge pas d’un poil : pas de bandage, pas d’intérêt.
Mais v’là ti pas que Pépère apparait dans le décor! Les culottes ravalés, y se dépêche d’arriver à la bécosse. J’ai beau essayer de retenir Libéraché mais ahek l’osti de graisse que j’y ai mis sur la queue (pas l’autre, la vrai, en poil!) il me glisse pareil des mains pis le v’là qui s’élance en direction de la bécosse!
En voyant Pépère, l’animal a bandé comme un taureau (c’est le cas de le dire) pis la bave s’est mis à lui dégoûté autour de la gueule! Les vaches ne lui faisaient rien mais à l’idée de voir Pépère la quéquette à l’air, il a pas pu résister! Le v’là parti, la queue (les deux en fait!) entre les fesses, les gosses qui sonnaient les matines, la bave … Hé! C’est pas de la bave, ça! Ah! Le cochon !(7)
Pis ce fût le coup de tonnerre : la bécosse a revolée en morceaux, les planches touts éparpillées dans la saoul à cochons (c’est tellement petit la France que tout est juste à côté), pis Pépère c’est retrouvé tout seul su la bol, nez à nez ahek Libéraché!
Sauvé par la cloche! L’église du village, juste en haut de la côte, s’est mise à sonner comme une folle : c’était l’Ange-Anus(8).
V’là ti pas que Libéraché a débandé d’un coup sec : la cloche lui rappelais peut-être des souvenirs, ch’ai pas, mais ça lui a fait de l’effet pis sauver la peau à Pépère. Tu vois ça d’icite, Pépère en train de se faire e… par le taureau!
C’est les pauvres vaches qui ont attrapées leur air. Pus de taureau pour les servir, elles avaient l’air de Ding et Dong : peaux de vache! Elles sont parties dans le pacage, queue dessous, queue dessus :
« C’est ça les hommes … Ils nous prennent pour des pis-tounes! » meuglait Bardot. Des plans pour qu’elles virent aux vaches, heu veut dire aux femmes … enfin, comprends-tu?
C’est là que Marinette est sortie de la maison juste accoutré d’un grand tablier pis d’une paire de claquette.
- « Jos, Jules, Vétuste (9)! Venez déjeuner! »
Cibolaque! Midi! Tu parles d’une heure pour penser à déjeuner, toé! C’t’à huit heure que j’fais ça moé, pas à midi! Anyway, j’ai faim en clisse! Je prends mes cliques, pis mes claques, mes chou-claques, ma tête à claque, mes cloppes pis mes cloportes et me v’là le premier dans la porte de la cuisine.
Marinette s’était forcé le derrière ( à l’air, c’est le cas de le dire) pour préparer à manger : Un cul de poule en pot-de-vin (10), une soupe au choux-claques (11), des escogriffes à l’ail (12), un éclair au chocolat vite passé pis encore, et encore, et encore du vin rouge.
Là, j’ai compris pourquoi y faisaient une sieste après le diner (ils disent déjeuner, vu que celui du matin c’est juste un exercice). Plein comme un œuf, rond comme une poubelle, t’as juste envie de dormir pour faire passer les sabots d’escrogriffes.
On est donc remonté dans la chambre, Jules en prenant les fesses à Marinette à deux mains, moé en rotant les pots-de-vin, Germaine en se décrottant le dentier des escrogriffes, et Pépère ahek le coq sous le bras.
Oublie Libéraché, il a pas voulu coopérer, alors il rumine sa peine dans le pacage ahek Bardot et Charonne. Ça lui apprendra, bon!
Jules s’est pas fait prié longtemps : on a entendu les sprignes du matelas cris-crosser, pis Marinette gémir, et Jules débander. Pas longtemps après, la boucane montait par les fentes du plancher : Jules avait oublié de mettre de la graisse pis il a mis le feu à la touffe de Marinette! Quand à Germaine, quand ben même que l’envie m’aurait pris, elle ronflait déjà. T’as-tu déjà essayé de venir dans un engin à stime lancé en grande? Faut awoir le piston vite en estique!
C’est le gars de la poste, le postillon comme il l’appelle là-bas, qui finalement nous a réveillé : Il a dû se dépêcher de traverser la saoul à cochon à cause que Libéraché en voulais à son bécique! Imbécile de bœuf, toé! Il avait de la malle pour Jules : un compte des pététés (13) en trois copies, soussigné, étampé, paraphé, oblitéré et enregistré. Ciboulot! Il avait oublié de payer le compte de téléphone depuis trois mois!
Le gars de la poste retournait un œil vers Marinette qui laissait pas de doute : moé aussi, quand j’avais son âge, j’en jetais des yeux comme ça aux filles. Sauf que je les choisissais plus jeunes, mailla! Il tendait la main à Jules pour awoir un tip : Jules voulu lui crisser une claque dedans, mais le gars ôta sa main pas mal vite. Niaiseux! On fait pas ça quand on est bandé, c’est sûr qu’on se fait taper dessus!
Il est reparti plié en deux comme un beau codingue, les gosses toutes bleues pis la graine enflée. Même pus capable de monter su son bisique! Yé t’aussi ben pas venir faire la poste chez nous celui-là, parce qu’y vas awoir d’là misère en calvinse! Tu le woé-tu dans les escaliers de Montréal par 20 en bas de zéro, les gosses gelées pis pas de tuque su la bitte!
C’est là que j’ai senti l’urgence laissé par les choux-claques à Marinette dans le fond de mes intestins. Le problème, c’est qu’on a pas eu le temps de reconstruire la bécosse après l’avarie ahek Libéraché! Je me présente chez le woésin (14), cours au fond de sa chède, trouve le bol de bois pis je m’exécute.
C’est su son papier-cul rose nananne que je t’écris ces pages. Faut que je fasse vite, ça pus en joualvert icite!
___________________ Notes de bas de blogue (dit vite, ça donne : "notesenbuttplug"!)
1) Note de Jean Coutu : vendu en pharmacie sous la marque Castoria
2) Note du vétérinaire : en l’honneur de Brigitte Bardot et Sharon Stone. On rit pas avec la célébrité en France!
3) Note de Sharon : What the f*** does he mean by that?
4) Note de Brigite: Ah! Le phoque!
5) Note du mécano : bearring : roulement à bille, grosse bille!
6) Note de l’académicien : de quelle Ruth tu parles? Ah! Rut!
7) Note du géographe : Arcachon! D’accord y sont aussi cochons là-bas.
8) Note du curé : Angélus, je vous pardonne, mon fils.
9) Note du généalogue : C’est ça son prénom à Pépère : Vétuste. C’est beau, hein?
10) Note du poulailler : Gagliano qu’elle s’appelait la poule.
11) Note de Claude Mouton : Le but du Canadien compté par…
12) Note du garde-manger : Escargot, espèce d’escogriffe!
13) Note du gars des PTT : La compagnie de téléphone, belle cloche! Excuse, ça sonne.
14) Note du voisin : Le VOISIN! Pas la sauce Oisin, le VOISIN. Putain que tu pues!
Copyright : 2007 Jos Lemoyne - dit fauwoir. January 17 Les tribulations de Jos (Fauwoir) Lemoyne - Chapit' 4 : Ste-Prostate part TwoLes tribulations de Jos (Fauwoir) Lemoyne Ste-Prostate (suite)
Ben là, Mo est prêt à repartir. Faut dire que le déjeuner, comme y disent ici, a pris pas mal de temps. Mais il dit que le syndicat l’oblige à faire une pause à toué 4 heures, alors il en profite pour tout faire ce qu’il a à faire : ses ablutions, son pardon, ses confessions, son peton, sa bouffeton…
Parlant bouffe, le brigadier du fond du car mange comme un osti de cochon : ça se peut pas se bourrer comme ça. Il a commencé par des champignons farcis aux petits morceaux de champignons dans une crème aux champignons(1). Pis il a engouffré un plat de biscuits soda ahek une espèce de confiture d’œufs de poisson dessus. Pouah!(2)
Puis y s’est commandé une poule en pot : j’ai cru voir arrivé une de ses calls girls qui sort d’un gâteau, mais c’était juste la femme du chef en bikini(3). Puis il a avalé d’une traite tout un plat de fromages. Heureusement, parce que certains avaient pas l’air trop frais. Pour finir, il a fait un ravage dans la boulangerie d’à coté : faut croire qu’ils les nourrissent pas souvent les brigadiers!
Mais là, je te passe la quantité de vin qu’y ont bu à table : Mo lui-même pétait le .08 comme de rien. Ça se passait les bouteilles bord en bord de la table. Ça en était étourdissant. Mais ça, c’est rien à coté du reste du woyage! Mo s’est mis à couper les curves pis l’étaubus ballotait d’un bord pis de l’autre. Je pense qu’il faisait par exprès pour faire renvoyer tout le monde. Ben ça réussi, mon homme! Surtout quand le brigadier s’est mis à vomir. Même les p’tits œufs ont roulés dans l’allée!
« Complet! » criait Mo lorsque quelqu’un voulais embarquer. Remarque juste à l’odeur, c’était assez pour les faire changer d’idée!
Les pancartes des villages passaient à toute vitesse juste à ras de l’étaubus : Fond-du-Trou, Haute-Bosse, Sainte-Glaise, Marde-la-Maudite… et j’en passe. Par boute, on voyait des vignobles, des fermes, des marais, un raisin, une vache … sti que ça pue le poisson!
Mo a bréqué(4) soudainement pis tout le monde, renwoyure itou, s’est retrouvé dans le winshilde(5) : un troupeau de gars à bicycle a débouché juste devant l’étaubus. Y en avait un qui avait l’air gougoune ahek son chandail jaune. Mais tous les français lui criaient après :
« Allez, Lance! Vive le tour de France! Vive l’Amérique! Chou les USA! »
Bande d’ignorants! Y savent donc pas que leur Amérique ce sont les États? Mais des fois, y me font ….
Pis woélà qu’un pédaleu, peut-être trop paqueté, as crissé le camp en bas de son bicyk! Ouawow! La plonge, calvinse! Pis là, ça c’est tout mis à fouèré un par dessus l’autre. Un bout de bras par icite, un pied par là, un guidon à coté, cul par dessus tête!
Ben là, a fallu attendre que la gendarmerie arrive, les pompiers, les ambulances, les curés, les pinpons … Tu sais, ceux-là qui crinquent leur petites sirènes à bras. De toute manière, ils arrivent toujours trop tard, eux autres(6).
Après une autre sieste syndicale de Mo, on a repris la route vers Ste-Prostate. C’est là que le brigadier c’est remis à chanter. Cette fois, la mémoire lui est revenue et il changeait d’air souvent. On a eu droit à la « la fille du régiment », « les couilles de la Générale », « Passes-le-moi ton fusil, légionnaire », « la prison de Londres »(7), « La Marseillaise » et j’en passe! Il a fait le tour de toute la discothèque française!
On est finalement passé Trouduq. Fallait pas l’oublié celui-là, surtout qu’il s’était endormis su le siège de toilette(8).
« Trouduq! » a crié Mo. Pis le p’tit vieux s’est réveillé en sursaut.
« Mais comment! On arrête à Trouduq maintenant? »
« Non, son père. Ya un trouduq qui s’est mis en travers de la route! »
Manquait plus que ça : un suicidaire sur une route déserte! On auras tout vu! On est débarqué puis, sous le commandement du général brigadier en chef, on a tous tiré le trouduq dans le fossé. Il était juste un peu trop saoul, ciboire!
Le soleil couchant sur la campagne française, c’est beau en batinse! Jusque Germaine qui en braillait à voir ça. Les petites lumières qui s’allumaient le long de la route, les feux follets qui s’échappaient à travers les rangées de vignes(9), la lune accrochée après une haute tour …
Mais, calvinse, t’arrais pas pu le dire tout de suite qu’on tournait en rond depus ce matin autour de Paris, sto! Eux autres pis leur carrefour gériatrique(10)! C’est le spot de la tour à Fell qu’on wois là-bas! Ça fait c…
Pis c’est temps que le vieux Trouduq sorte de là car moi je commençais à avoir envie, bon yen(11)!
Lorsque j’en sors, on vient juste de passer Côlon-Béchar et on approche de Flomax(12), un village à proximité de Vessie-de-Porc. C’est là que tonton Jules et Marinette sont supposé nous attendre pour ensuite nous trimballer jusqu’à Ste-Prostate, le long de l’Urètre. Germaine se dépêche de ramasser les bagages pis on siffle après Mo, vu que la petite cloche à vache marche pas(13).
Il arrête son « car », car, selon ses dires, il a pas le droit de nous expulser en roulant. C’est là qu’on voit nos deux français venus nous chercher en grande pompe ahek leu charrette à foin pis le taureau Libéraché (le seul taureau que je connaisse qui soit homo, sainte-fesse!). J’arrête là parce que j’ai tout pris le papier-cul de Mo pis y m’en reste juste assez pour me torcher.
____________________________
Notes en bas de blogue (si on dit vite, ça fait : "noteenbuttplug")
January 10 Les tribulations de Jos (fauwoir) Lemoyne - Chapit' 3 : Sainte-ProstateLes tribulations de Jos (Fauwoir) Lemoyne Ste-Prostate
Germaine s'est vraiment forcée à soir, pour le souper : de la fondue au fromage jaune, de la baguette française pis du foie gras. Juste le vin qui m'a un peu dérangé : c'est quoi ça au juste "Isopropil (1)"? Faut j'te dise, ça commencé au bingo de St-Tabarnak : y nous ont placé à côté d'un couple de français qui était en visite icite. Ils ont bien aimé le bingo, surtout qu'y ont rien compris pis qu'y criaient "Bingo" sans raison. C'est même pas capab' d'aligner des chiffres sous des lettres, joualvert! Mais y étaient gentils, avec leu p'tit accent en cul-de-poule. Après le Bingo, on est allé prendre un café au BBQ (en bas, où il y a les topless) pis y nous ont invités chez eux, si jamais.
Ben nous v'la partis pour la France, Germaine pis moé : en char teur(2) si-vous-plait! Ça souignait la-dedans! La boisson coulait comme l'eau autour d'un bateau pis la p'tite vue de cul, avec une certaine Brigitte a fait bander tous les gars. Oh! Phoque! On arrive à Paris. La dernière Seine(3), Germaine voulait ABSOLUMENT la voir. Moé, j'avais entendu parler du Moulin Rouge, alors je l'ai cherché. Tout ce que j'ai trouvé, c'est une espèce de façade de moulin dans un quartier appelé Mon Marte(4). Y nous ont débarqué dans un hôtel pas mal pan toute : le Parisse Iltonne, qu'il l'appelle. Juste un affaire que j'ai pas compris : pourquoi il y a pas de papier dans les toilettes pis deux bols, dont un pas de siège? Je la pogne pas celle-là(5). On a fait un petit tour dans le coin, histoire de voir la "tour à Fell" pis Notre-Dame. Comme on les trouvait pas, on a demandé à un passant qui avait l'air très Parisien (il avait une baguette sous le bras pis y sentait le fromage passé date), ou c'é qu'y sont : « Mais je pige pas, là! Qu'est ce qu'il me jacte le mec? » Je lui répète, presque en l'épelant : "tour à Fell" et Notre-Dame! « Ah! Notre-Dame! Mais fallait le dire tout de suite! Elle est toujours là, Notre-Dame! Elle n'a pas déménagé! Putain! Tout le monde sait où est Notre-Dame! Bordel! » Mais moé, je l'ai jamais su! À force de marcher sous les ponts de Paris (ça fait plus pouétik, hein!), on est enfin tombés dessus. Je veux dire à coté parce qu'elle est sur une espèce de petite île toute seule, la Notre-Dame. Germaine voulait essayer les bateaux-mouches, tu sais ceux qui ont des collants qui pendent partout pis des lumières jaunes pour chasser les maringouins. Ben, ahek ce que à sent la Seine(6), t'as pas besoin de ça : y'a pas une mouche ni un maringouin qui survivrait icite! On est rentrés à l'hôtel, où c'est là qu'on a pu voir la tour : juste en face de nous autres, de l'autre côté des Champs et Lizé(7). Une chance qu'elle était allumée, on l'aurait pas trouvée! Le lendemain, on prenait le "car" comme y disent : une espèce d'étaubus conduite par un bonhomme à turban qui chantait tout le long une complainte, comme celle du "fuck en Alaska". Mo Hamed, qu'il disait s'appeler. Je savait pas que des français pouvaient s'appeler comme ça! On a pris la Nationale 1234. Comme la France c'est trois fois plus petit que le Québec, les Nationales aussi! Juste assez de place pour faire passer l'étaubus. À chaque fois qu'il y avait un viaduc, fallait arrêter, débarquer les bagages sur le toit de l'étaubus, pis les rembarquer une fois passer le viaduc. C'est long en jériboire! Tu sais, ahek leur histoire de système maitrik, y sont fourrés pas à peu près! Ça fait que les viaducs sont pas assez hauts pis que le Général De Gaulle doit faire des détours lors de ses visites guidées. En sortant de Paris, le premier village qu'on voit c'est Ste-Mémère : on nous dit que c'est un des plus vieux en France. Astérix y a passé sa lune de miel. César a mangé une volée par Ver Saint Géritol(8), pis les hommes de gros mognons ont même planté leurs tentes icitte. C'est dire si ça tombe en ruine! Pas très loin de là, on traverse "Les Téteux" : c'est là que les français, après un référendum national on décidé de mettre leur première centrale nucléaire. Celle qui illumine Paris la nuit. Avec les émanations de radiations qui s'en échappent, tu comprends d'où y vient le nom de "Ville Lumière". Le village la voulait tellement qu'il a été prêt aux pire bassesses pour l'avoir, d'où le nom "Les Téteux"(9). À bord de l'étaubus, il y avait une foule de monde pas mal étrange : un brigadier ahek sa calotte carrée qui chantonnait "Douce France", une fille les yeux cernés pis trop maigre à mon goût qui chantait "Mon mec à moi" : c'est quoi son idée de s'habiller en noir? Elle est veuve ou bedon? Pis il y avait un gars de la tivi qui se faisait tout traduire : Hérisson qui disait s'appeler(10) . On traverse la campagne française : Germaine trouve ça tellement beau. C'est plein de champs de toutes les couleurs : jaune moutarde, comme Dijon, bleu lavande, brun caca (couleur naturelle), vert d'âtre et j'en passe. On voit plein de villages aux noms exotiques : "Les-Bains-de-Pieds", "Ste-Nitouche", "Trou-du-cul", "Ah! Le Cochon"(11). À chaque fois, Mo Hamed les câlle haut et fort. « Putain-de-merde! » Mais là, je vois rien. Pas de maison, rien! C'est ou çà? C'est même pas su la carte, sti! Mo s'arrête brusquement. Une odeur entre par les fenêtres ouvertes de l'étaubus (faut bien sinon on mourrait asphyxié par le Camme en Bert de mon voisin de siège)(12). Deux bornes plus loin, un vieux bonhomme fait signe à l'étaubus de s'arrêter. Il a tout à fait l'allure du vieux français revenant de la guerre : béret marine avec le symbole de la Région déshonneur, baguette sous le bras, journal roulé autour de son fromage, une bannière bleu-blanc-rouge passé de travers sur son épaule, la pipe au bec. Mo lui demande ou il compte aller. « Trouduq » qu'il lui répond. Ce à quoi Mo n'hésite pas à lui montrer la porte. « Non mais ça vas pas, là! Je vais à "Trouduq"! J'tai pas traité de trouduq parce que j'en suis un moi-même! Tout de même, on ne s'insulte pas dans la famille. Trouduq, je suis, trouduq, je resterai! » « J'ai pas ça sur ma carte, "Trouduq"! »(13) « C'est juste en bas de "Sein-Tétons". On est juste 300 Trouduqs à Trouduq. C'est pour ça que c'est pas sur la carte. » « Alors je vous débarque à "Sein-Tétons" ou à "Les Bouchés"? » « À "Sein-Tétons". "Les Bouchés", ça pus trop. » Et Trouduq de prendre sa place dans l'étaubus. Ben, là, j'te raconte la suite demain parce que Mo Hamed y dis qu'il est temps pour lui de déjeuner, faire la sieste, ses prières en regardant vers l'Est pis prendre l'apéro. Je m'attends pas à ce qu'on arrive à soir à Ste-Prostate.
Donc, là-dessus, à la rewoiure. Jos.
________________ Notes de bas de blogue (si on le dit vite vite ça fait "noteenbuttplug"!) :
(1) Note de Jean Coutu : "Isopropil" c'est de l'alcool à friction gros épais! (2) Note de l'agent chez Uruguel-Sillery : L'auteur veut probablement dire Charter. (3) Note de l'escorte en bas-résille : On dit La Seine mon cher Jos! (4) Note du chauffeur de car : Mais ça va pas mon petit vieux?! C'est Montmartre, pas Mont Marte! (5) Note du concierge : Un bidet, ça s'appelle! Non mais quelle éducation! Mais avec quoi ils se torchent au Canada? (6) Note de l'escorte (en position de la Levrette) : La Seine, monsieur! Mais il est sourd ou quoi? (7) Note de l'ingénieur en pont déchaussé : Champs Élysées, mon cher Jos! Et c'est pas un champ, c'est un boulevard! (8) Note de l'historien : Vercingétorix. Et c'est quoi Géritol? (9) Note de l'ingénieur (l'autre) : Mais non! C'est nous qui avons dû les convaincre d'installer c'te putain de centrale là! (10) Note du producteur : Ardisson! Puis, si on ne traduisait pas, personne ne comprendrait! (11) Note du géographe : Arcachon. C'est un bordel près de Bordeaux. (12) Note de Claude Poirier - négocieux : Après une enquête exhaustive menée par moi-même et mon collègue Jobidon, nous en sommes venus à la conclusion que la chèvre de Monsieur Séguin avait traversé la Nationale 1234 peu auparavant, ayant laissé un exemplaire de se savoir-faire. Nous sommes présentement en négociations avec ladite chèvre afin de voir si elle compte libérer d'autres otages du même genre. Dix-Quatre. (13) Note du géographe coincé : Pour trouver "Trouduq", ça vous prend la carte au 500 milliardième qui ne se fait qu'en format mouchoir de poche. Vous pouvez vous la procurer chez tout bon revendeur Kleenex rose.
Copyright : 2007 Jos Lemoyne - dit fauwoir. December 09 Les tribulations de Jos (Fauwoir) Lemoyne - Les chûtes du Viagara : chapit' 2
Les tribulations de Jos (Fauwoir) Lemoyne
Les chutes du Viagara 2
Bon ben, me v’là constipé! Heureusement que Germaine a changé le rouleau de papier de toilette, comme ça, en attendant que ça débloque, je peux encore t’écrire.
J’te racontais la dernière fois que nous étions à bord de l’étaubus pour Viagara. J’t’ai pas dis que le chauffeur avait pas mis l’air climatisé. Je sais pas si c’est à cause des mexicains frileux ou bedon pour sauver su' le gaz, mais y faisait chaud en yâble! La canicule! Sans compter que la bande d’hindous assis en arrière s’était pas lavé depus leur départ de Gandhi, alors ça sentais pas le bois de sandale! Enfin, on arrive : môtel "On Est Mouneur"! Quelle place magnifique! A'hek toute ce que tu peux rêver de désirer! Y manque rien, simonaque! Rien pan toute! L’entrée du motel est un vrai rêve : des faux palmiers en plastique comme t’en trouves parfois chez "Walmarde", des bancs de bois capitonnés à la courte pointe, style bouleau blanc, des cadres a'hek des photos des chutes vus sous toués angles, la petite rangée de drapeaux de toués pays, même de l’Ontario, si c’en est un! Y'on même mit une fausse tivi en plastique, comme chez Léon, pour faire woir que c’est meublé! Ils l’ont t’y l’affaire les amaricains! Le ti noir qui nous donne not' clé parle anglais comme une vache espagnole : heureusement que le numéro est marqué su' la clé parce que j’airais jamais su où c’était. Des plans pour que Germaine se trompe pis se retrouve dans les bras d’un gros Beudonis! J’aurais eu d’l’air fin moé! Not' suite, comme y disent, est au deuxième étage d’un môtel de deux étages : c’est dire qu’on se fera pas marcher su la tête à soir! Du balcon, on peut entendre les chutes rugir, mais pour les voir, faut prendre le ti-bus qui mène à la balustrade. Y chargent cinq piasses de la ride, mauzus! Dans la suite, c’est pas si mal : un grand lit pour se perdre dedans, bien que ça serait dur de perdre Germaine queque part! Il y a un bar remplis de Coke et de Seven Up : y sont pas barré à quarante, j’te dis! Au dessus du lit, ya un bidule en forme de cœur : des fleurs de plastique qui entourent un miroir genre disco fait de petits morceaux de miroirs, probablement parce qu’il est déjà tombé à terre. Mais quand tu te vois tout nu là-dedans, t’as l’air un peu plus grand que grandeur nature : ça fais du bien au moral pis ça encourage pour le reste de la fin de semaine. Quand à Germaine, ça faisait pas son affaire : elle paraissait encore plus grosse qu’à l’habitude, c’est tout dire! Le tapis est en shaggie rose a'hek une bordure bleu poudre autour des murs. J’admets, ça l’air un peu quétaine de même, mais tu vois pas ça toués jours! Ça me rappelais la peau d’ours en p'luche que j’avais rapportée au tir de sling shot : heureusement qu’Albert étais là a'hek sa 303, parce que c’est moé qui serais la peau d’ours au fond de la tanière. Mais Germaine l’aimais bien, ma vieille peau! Quand à l’a vu le shaggie, à s’est déshabillée toute nue pis à s’est mis à se rouler dessus comme une chatte en rut. Ça faisait longtemps que j’avais pas vu ça! Sicroche, a toute mouillé le tapis! Pendant qu’à faisait déborder ses effluves, j’ai faite le tour de la chambre : ils y ont mis une tivi, en noir et blanc, ça coûte moins cher, et un vidio à cassette : en dessous il y avait une pleine boite de cassettes a'hek toutes sortes de photos de filles pas trop habillées pis des gars pas mal amanchés itou! Y'en avait même a'hek deux gars qui se la pognait à pleine main, les yeux dans graisse de bine. Je pense que c’est ça qu’appelle ‘gay’. Je promets d’en ouatcher une ou deux à soir après que Germaine se soye endormie. Comme à ronfle, à n’aura pas connaissance. Ils ont mis un bain tout au fond : ça fais drôle de voir un bain dans le salon. Remarque que c’est une idée : comme ça c’est plus facile pour les partouzes. Le leur est faite pour s’assir deux par deux, face à face. Le seul problème: c’est qui, qui met ses orteils dans le sexe de l’autre? Après notre visite aux chutes, quand on est rentrés dans le môtel, ils l’avaient remplis de bulles qui sentaient le pas-de-choulis pis y avaient mis à flotter des pétales de roses en rubber. Ça faisait Rome Antique. Germaine s’est pas faite priée : elle a vite plongé dedans, mais ça me laissait pus de place! En plus que le bain a débordé pis a toute inondé la chambre d’en-dessous. Finalement, y’en est resté assez pour mon gros orteil (pis le boute de ma bite). Je me suis aspergé du "Ole Spice" qui trainait su' la vanité, je sais que Germaine aime bien ça. Germaine a allumé les ciarges qu’y ont placés un peu partout : je pense qu’y avaient peur de manquer d’é'tricité. On a fait l’amour, mais ça faisait une drôle d’odeur : le Ole Spice, la senteur de tulipe du bain, la boucane des ciarges d’église pis la crème KY de Germaine assaisonnée à la vanille. Une chose que j’ai pas compris : pourquoi il y avait une grosse bouteille remplie de petites pullules bleues su' la vanité? J’t’ai pas dis hein, mais quand on est arrivés, ils avaient même mis une bouteille de Bébé Doc dans le frigidaire. Germaine et moé on a voulu essayer ça comme y font dans les vues. A s’est couchée toute nue sur les draps de satin (c’est glissant en viarge quand t’as de la graisse autant qu’elle!). J’ai juste gardé mes bas car je suis un peu frileux. Là, je me suis mis à cheval par-dessus elle (enfin, plutôt à dos de chameau qu’à cheval), pis j’ai essayé d’ouvrir l’osto de bouteille. Le ti bouchon de plastique a revolé dans les miroirs pis en a cassé deux ou trois. Là, j’ai compris pourquoi ils étaient en petits morceaux. Germaine a reçu le bouchon en plein dans l'front : ça lui faisait un troisième œil pis elle avait l’air d’une déesse voudou. Le joualvert de champagne s’est mis à dégouter su elle, comme quand tu viens, tu sais. J’ai pas pus me retenir : je l’ai liché partout. Sait-tu qu’a'hek du Bébé Doc, elle goûte pas mal meilleure la Germaine? Paqueté ben raide, on s’est endormis avant même que je bande! Maudit champagne! Le lendemain, on allait prendre le bateau qui passe sous les chutes : le "Mistity", si je me souviens bien. Y nous ont donné un imperméab' chacun. Germaine a du payer les siens : ça lui en prenais trois! Rendus en dessous des chutes, on s’est faite laver en siboulot ! J’ai jamais tant reçu d’eau su' moé, même pas quand je prends ma douche. Le bateau penchait d’un bord pis de l’autre, alors on a dû faire rouler Germaine pour contrebalancer la vague. Quand on est revenus au môtel, ils avaient changé le petit noir. Celui-là avait une plaque a'hek son nom : Zimbaboué Rodésie qu’y s’appelait. Tu parles d’un nom toé! Reste que lui était assez aimable : il m’as demandé si j’avais encore besoin de tites pullules bleues!
Ben là, faut que j’arrête : chus rendu à la fin de mon histoire pis, si je veux être capable de finir ma job quand je vais sortir de c’te maudite constipation, chus mieux de me garder un peu de papier.
Copyright : Jos (Fauwoir) Lemoyne
|
|
|||
|
|